Témoignages des Doctoriales 2010

 Avez-vous le sentiment que quelque chose a changé en vous à l’issue des Doctoriales ?
"C’est exactement la bonne question, parce que justement en tant que doctorant, on a des bases scientifiques, mais on a très peu confiance en soi pour revendiquer ses compétences à un monde industriel qui nous est inconnu.
Ces Doctoriales nous ont permis de nous regrouper, venant d’horizons différents, autour d’un projet commun qu’il a fallu défendre, avec pour chacun ses capacités et sa volonté de donner le meilleur de soi-même, et ça nous a redonné confiance en nous je pense. On est capables aujourd’hui de vendre un projet, d’utiliser les outils qu’on a pu acquérir cette semaine.
Je crois que cette confiance en soi va pouvoir être valorisée par la suite, déjà pendant le reste de la formation. On a pu voir des outils qu’on va pouvoir utiliser pour rencontrer encore plus de doctorants et chercheurs. Finalement, parce que nous avons les mêmes problématiques, former un réseau permet de nous sentir plus forts. Voilà ce qui a changé. C’est tout bon pour l’avenir."

Cela a-t-il conforté votre projet professionnel ? Les ateliers vous ont-ils donné envie de monter un projet collectif en lien avec l’entreprise ?
"Oui ! Toutes les possibilités sont bonnes à exploiter en tout cas…cette possibilité-là qui nous paraissait peut-être lointaine, inaccessible, paraît désormais envisageable. On a eu l’occasion de rencontrer des créateurs d’entreprise anciens doctorants, on peut s’appuyer sur leur expérience. Aujourd’hui, on se sent davantage capables de le faire, on a tous les outils et toutes les cartes en main. Même si la recherche académique est toujours envisageable, en ce qui concerne la création d’entreprise – ou la participation au développement d’une entreprise – on se sent davantage
armés pour le faire."

Donnons-nous rendez-vous en 2012, vous interviendrez en tant que docteur inséré cette fois ?
"Je l’espère…j’espère montrer une expérience à suivre, avec des conseils à transmettre, oui… ! (rires) je l’espère de tout mon cœur."

Ghislain Tsague Kenfack,
Université d’Angers

 

 

 Quels ont été les temps forts, selon vous, de cette expérience ?
"Je retiens principalement quatre éléments…Premièrement, le concept : le fait de venir de villes différentes, d’universités et de disciplines différentes, de se retrouver tous dans un même endroit, d’y vivre et d’échanger des expériences pendant une semaine, est quelque chose de fabuleux ! A cette occasion, j’ai pu voir les posters réalisés dans d’autres domaines – les mathématiques ou l’informatique par exemple, ce que je n’avais jamais vu auparavant…"

Ils vous auraient donc échappés lors du Forum des doctorants à Angers ?
"Non bien sûr ! Mais ici, la valeur ajoutée, c’est que les doctorants venant des autres universités apportent encore une différence supplémentaire. Le format du séminaire permet aussi des discussions plus longues. La deuxième chose, c’est que j’ai aimé les ateliers, les interventions des industries et des experts. A propos des ateliers, j’avais déjà assisté à des formations semblables proposées par le Collège doctoral d’Angers, mais ça s’est avéré être un bon complément. Ce n’était absolument pas une redite…des ateliers tels que « Entretien d’embauche » ont été très bénéfiques. Je ne sais pas si cela est dû à une influence des entreprises sur place, mais il y a eu des choses en plus. Le troisième temps fort se situe au niveau de la réalisation du projet d’entreprise : nous avons eu seulement une journée pour mettre en place ce projet, c’était une démarche nouvelle pour moi."

Je vous ai d’ailleurs croisé le jour-même de ce projet, vous sembliez paniqué…
"En fait, ce que j’ai ressenti de frustrant était le temps imparti pour le réaliser, c’était très court ! D’autant que les experts qui nous ont aidés sont arrivés ce même jour. Si nous les avions plutôt rencontrés la veille, nous aurions bénéficié de quelques heures supplémentaires pour bien appliquer ce qu’ils nous avaient appris."

Parleriez-vous de mise à l’épreuve concernant cette partie « élaboration de projet innovant » ?
"Oui, j’aurais eu besoin d’un peu plus d’espace, et sans doute aurions-nous proposé mieux…parmi les retours de certains membres du jury, on nous a dit « vos idées étaient bonnes, mais vous n’avez pas poussé assez loin ». Il nous aurait fallu plus de temps. Cependant, j’ai compris que l’objectif n’était pas de réaliser un projet fini, mais d’apprendre à élaborer un projet innovant."

Les groupes étant constitués bien avant l’événement, y-a-t-il eu des échanges entre vous, afin de préparer le terrain ?
"Effectivement, une doctorante de mon groupe a eu cette sagesse de faire le premier pas, en exposant ce qu’elle avait fait et nous demandant ce que nous comptions faire, afin de mettre en valeur nos points communs…mais cela n’a pas suffit pour mettre en place le projet. Trouver des accords à 10, ce n’est pas simple. Heureusement, les experts nous ont beaucoup aidés, notamment sur l’élaboration du Business Plan, chose que je n’avais jamais faite."

L’expérience vous a-t-elle donné le goût de monter un projet d’entreprise avec des associés ?
"Non pas du tout, pour la seule et unique raison que j’aimerais plutôt être enseignant-chercheur. Cela dit, tant que je n’ai pas trouvé de poste, il ne faut pas que je ferme la porte aux autres possibilités. Avoir appris tout cela reste un avantage pour moi."

Quelque chose aura changé à l’issue du séminaire ?
"Oui, car auparavant je n’avais pas cette culture de participer à ce genre d’activités. Désormais, je pense avoir l’esprit beaucoup plus ouvert et si j’entends parler d’un salon, j’aurais la curiosité d’y aller. Pourquoi ? Parce qu’ici, ils ont développé tout cela, et expliqué beaucoup de choses sur ces manifestations et l’intérêt de faire ces démarches. Je peux aller à l’APEC, je peux aller à l’ABG spontanément, et je sais que cela a été mûri ici. J’ai l’impression d’avoir grandi de 5 ans en une semaine, un vrai bonheur. Je retiens aussi un autre moment crucial : la visite des entreprises. On a pu à la fois avoir une impression d’ensemble des différentes activités, mais on a pu également aborder certains points méconnus du consommateur - par exemple sur des méthodes de conservation d’aliments – et ce fut très intéressant."